Aristocratie du Vide & Sciences Exactes de l'Echec
6 Juillet 2013
Tes yeux sont comme des cafards oubliés,
Comme des orties poussant à l’envers,
J’y ai gagné de l’inertie à rebours.
Tes yeux, lorsqu’on se voit dedans
On imagine l’envers du décor, le porte à porte mental :
Prête à poster son ombilic contre une carte postale décatie.
Tes yeux, lorsqu’on se voit dedans
On croirait entendre vrombir les phénix de la mort.
Tes yeux sont comme des pans ajournés par l’opale.
En effet, tes yeux sont comme des poings assujettis
Tes yeux, j’y vois comme des complices de l’amalgame
qui fait que l’Amour ressemble à l’Amour et que la Haine se précipite en Hâte.
Tes yeux, on y croiserait des billions de tristesse, de désenchantement, et l’orifice qui fait que l’amour… C’EST LA MORT.
Que tes candeurs soient douces… De tes yeux-parenthèses qui marchandent le levant, et ce putain de dégoût détrousseur d’âmes. Tes yeux, j’y vois comme deux palourdes interdites par le ressac de la moelle. Tes entrelacs, pauvres piques, ne sont là que pour mieux te descendre dans mon enfer caractérisé.
Tes yeux, j’y vois comme deux iguanes paranoïaques descendus des deux Terres. Ton âme est fanée depuis des lustres, déglutie à peine d’une gorge malhabile. Chaque fois que je te vois danser dans mes propres yeux, c’est l’oraison du solde.
Tes yeux, j’y vois comme des remparts refusant l’enivrement par pure préciosité.
Tes yeux sont comme des meurtrières, meurtrissures qui remballent le gros con pour s’assurer l’échalas décharné.
Tes yeux sont comme deux pare-soleil, deux méfaits onctueux précis comme une mouche.
Tes yeux sont deux déclinaisons d’une même déraison (dérision ?). Deux phares fardés pour la fête des morts, là où les plus tranquilles sont encore les asticots.
Tes yeux sont comme deux mitrailleuses crachant le feu du diable et scandant l’espace de rayures ondulées. Tes yeux sont comme la robe de bure du moinillon défroqué qui chie son maïs bien appris dans les livres sacrés, mais trempant dans des coliques douteuses.
Tes yeux, j’y ai appris le matin, le midi restant consacré, sacré con, au plateau-repas estival faussement festif.
Tes yeux j’y comptabilise les gouttes de pluie (non, tu ne pleures jamais) et cet extravagant nuage rouge sang qui défigure la planète. Ton code sacré est une arme contre la folie dure, tant la folie douce est devenue le lieu commun de tout un chacun. Je m’explose les neurones à grandes lampées de bulles, mais je n’arrive tout au plus qu’à me réveiller, hagard, pétri d’angoisse, dans des draps mortuaires, odoriférant ma déveine, maculés de sang empestant la chaux vive.
Tes yeux, empuantis par une vie trop commune, ne ressemblent plus qu’à un puzzle où un vieux pochetron essaie désespérément de recoller les monceaux désamorcés de son existence passée. La fraîcheur de mon adolescence est fanée, mais suis-je réellement devenu ce qu’on appelle pour résumer toute déambulation professionnelle « un adulte » ?
Tes yeux, comme deux antennes perforées et qui retiennent leur souffle, m’échappent et s’entrebâillent pour laisser couler des flots de sang menstruel, monstrueux dans sa conception, victime de l’auge des vaches à qui l’on pique le lait au profit des nourrissons, emmerdant les pauvres veaux, qui, découpés à l’amiable, alimentent les supermarchés de barbaque déracinée. Les gosses se vengent sur des pixels, les grands se vengent sur des barbus, les vieux se vengent sur leurs passés. Tout souvenir est nimbé de larme. Je ne cherche plus que l’oubli qui pourra donner à ma vie un semblant de paternité « artistique ».