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Wilhelm Leonide Von Goldmund III Jr.

Wilhelm Leonide Von Goldmund III Jr.

Aristocratie du Vide & Sciences Exactes de l'Echec

Publié le par Wilhelm Leonide Von Goldmund
Partir... Pour mieux Rester

Partir, c’est rester toujours de trop. La petite étincelle qui te guide se fait la belle dans les étoiles de tes verbes endimanchés de redondances. Dans la démarche toute désaxée de cette gamine inespérée, tu distingues tout le combat à venir. Il n’y a plus d’aire de repos, juste un face-à-face dérisoire avec une géante cent milliards de fois mère. Et comble de la rancune, tu t’exposes en présentoir honteux devant des semblables qui ne le sont plus depuis longtemps. Tu t’exécutes et te prostitues devant des yeux « amis », mais si LOIN que ta boussole n’indique plus que le chant des vautours. Alors tu te déverses dans l’informel qui hante tes nuitées, la Mélusine amitié qui renaît pour mieux s’éclipser, les spasmes de douleur quand l’amour s’enfuit là où tu n’as plus pieds, et cette délicate déchéance qui t’envenime et t’éborgne avec un soin tout clinique.

Tu te secondes proprement dans tes délits, tes délires, et tu fuis ce second toi qui te poursuit, mais qui pourtant se traîne à tes talons pour mieux t’infuser sa poisse et sa colère. Colère froide toute fractale, quasi mathématique, ingérable au mieux, impitoyable car trop terrienne, au pire. Et tu massacres une assemblée d’ordinateurs avec ton refus catégorique de toute compromission. Tu t’autogénères en osmose avec les particules qui te guident, et tu te regardes partir toujours plus loin, la foi dans les poubelles, l’esbroufe du vice pendu à tes lèvres, raté comme un gribouillis dans une marge vierge et pourtant douceâtre, le sanglot pétri d’une tonalité à peine humaine.

Les protosinges qui règnent te donnent la nausée, et tu les contemples béatement se secouer l’échine sur le sort d’un monde qui n’est plus le tien depuis longtemps. Paria. Vain parasite. Blessure secrète d’une exclusion qui va partir en fumée d’opium tout imaginée. Une bouffée de vanité, un semblant d’orgueil, et te voilà nanti des défroques « d’écrivaillon de bas lignage ». Tu sens mourir en toi toute pitié et tout désarroi pour laisser place peu à peu à une résignation diabolique. Tu ne changeras pas le Monde, il se changera sans toi, et tu seras aux premières loges, âme désincarnée flottant dans les paradis monstres et le spleen universel qui conduit les êtres de tous bords à l’ineffable.

Les floraisons pubères te seront interdites, toi le maudit, le gauche, le peu avenant, avec ta gueule bouffie à la fois d’excès gras et de losanges squattant la quadrature. Tu ne seras qu’un nom dans une liste pour demeurés, avides d’atrocités mortifères et de dénégations viles. Un patron de broderies pour mutants enocturnés. Pour nantis d’outre-espace. Pour luxe d’outre-tombe.

Les cendres de mes clopes c’est l’holocauste programmé, où un vaurien vaut parfois presque tout. Et les redondances planifiées s’étiolent en nous, pathétiquement mous, et pourtant affables. Et l’on sent sur son cou les baisers de l’alcool, seul ennemi présent qui distille sa corolle. Dans les sphères enfumées, tu sens l’abstinence comme un vide intolérable et tu geins parce qu’il fait proprement jour, et ce jour-là tu le maudis.

A quoi bon fuir le vice puisque l’air est vicié ? A quoi bon l’entendement lorsque l’espace se replie sur lui-même ? A quoi bon les sanglots qui veulent dire des coups de poings ? A quoi bon les grelots qui hurlent dans tes mains ? Et la saine incartade qui te confronte au monde lorsque la pitié y abonde et la misère y triomphe. Et le sang dans tes yeux qui vire au noir de jais te sied comme une corolle de pitié malhonnête. Partir vite, là est la clé du succès. Devenir un vautour pour mieux apprivoiser l’azur. S’en aller dans des strates édulcorées... et chialer à s’en décoller la rétine...

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