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Wilhelm Leonide Von Goldmund III Jr.

Wilhelm Leonide Von Goldmund III Jr.

Aristocratie du Vide & Sciences Exactes de l'Echec

Publié le par Wilhelm Leonide Von Goldmund
Nocturne

Quand les hirondelles du soir

Passent l’arme à gauche dans le vent,

Et que les digues pétrifiées

Poinçonnent les sifflets d’enfants,

On sent le sang du sans retour

Qui nous délave sans même un gant.

La nuit, c’est comme une habitude :

On ne la lâche qu’inconscient.

Et vos poisons en corollaire

De vos chevelures archi-belles.

Et vos sourires combustibles

Qu’on trouve au guichet des frontières.

Cette ritournelle de velours,

Comme un ruban obligatoire.

Et ces duchesses au libre cours

Qui se vautrent sur des comptoirs,

Que le petit homme a cirés.

Que le petit homme a aimés...

Votre pluie n’égale la vraie

Que dans l’agencement de la goutte

Qui souille vos modestes doutes.

Vous êtes des cauchemars sous vide,

Des spectres de portemanteaux.

J’erre dans vos capitales nues,

Et je sillonne le peu de vous

Qui est à prendre sous les gouttes.

Vous ne laissez pas de cadeaux,

Mais vous traînez dessous vos jupes

De pleines bourses de rognures

Et des échardes d’espérance.

Je ne suis pas vous. Je ne suis pas fou.

Je ne suis pas vous. Je ne suis pas là.

On a sonné. Tiens, ici-bas

Les gens ont la sonnette facile.

Ils se la collent au fond des bras

Quand l’hiver mord leur solitude.

Ça les réchauffe, ces ours-là,

Ça leur amidonne la stature.

Je me meurs dans vos caveaux,

Et dans vos bauges souterraines.

Je veux m’enfouir toujours plus haut,

Là où l’idée même d’humain

Provoque des démangeaisons,

Et des rictus de fendus.

Je ne vois rien et je m’entends

A ruminer d’engorgement.

Je pourris faute d’ossature.

Je suis fêlé de pas présent.

Je me décoche des aiguilles

Avec un arc de chanvre mou.

Je suis le maboul du vent,

La baie vitrée du mange-tout.

Je n’aime rien car rien n’est beau.

Tout n’est qu’ordure intéressée,

Déboulonnage non qualifié,

Mais manucure certifiée.

Vos prédictions, vous les gardez,

Et vos idéaux n’ont plus cours.

Voyez où ils vont ont menés.

Regardez-vous et crevez-en.

Détaillez-vous et mourrez-en.

Et laissez bramer les saisons.

Et laissez danser les moutons.

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