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Wilhelm Leonide Von Goldmund III Jr.

Wilhelm Leonide Von Goldmund III Jr.

Aristocratie du Vide & Sciences Exactes de l'Echec

Publié le par Wilhelm Leonide Von Goldmund
Mon Jouet (1997)

Je flotte dans une mer de coquilles vides. Je suis harassé par le vide de ces coquilles, tué par les infidèles pourfendus.

J'accoste dans un bosquet, accroche l’œil au coin d'une feuille, et tourbillonne d'ennui dans le vent. Pour s'embrasser sous les branches, se sentir chauds et vivants, collés à la nature, compactés comme des cotons à chloroforme, vous êtes les maîtres. Bénis des seigneurs, beignets de crevette à bander des chapelets de boudin noir.

J'abonde dans la superposition informelle de trucs mous, crochus et anguleux. Des osselets jaunis percés de trous d'or, des asticots vernis dans leur jus. Libre à vous de dépenser votre innocence comme vous le voulez. Formule inédite : remplissez le coupon, et vous deviendrez présentement un salaud. Économie.

Assez des turlupinades qui se mordent la queue, des chutes à l'envers, des comptes à rebours brevetés, performances de clown maniaco-psychotrope. J'empoisonne à la fin.

Finito, tous les recroquevillements nocturnes trembleux et grimaçesques. J'ai peur du cri du porcelet.

A la fois bulldozer et moineau.

Trépané du vertige, de la joie, vidé de mes écueils, gueule d'amour non-amourée, piste d'envol sans lumière, gosier sec de larme salée, brisure de miette de poussière d'humain, perdu dans sa gelée interne...

Aujourd'hui, j'ai cassé mon Jouet. Libre je suis né, libre je veux rester. Pas besoin de Jouet, moi. Je l'ai fendu pour voir ce qu'il y avait à l'intérieur. Et je me suis vu.

Éclairé par une flamme, des poils pendaient du plafond noir. Dehors, la pluie sonnait le carillon des morts. Je me suis parlé dans les tuyaux qui bordaient les murs. Je me suis dit des choses sucrées, des petites babioles sans importance.

J'ai ri. Le Joujou cassé, pourfendu, inutile, sale dans sa flaque de pluie. Le bruit machinal d'une machination ronronne à l'extérieur. Qu'est-ce que ça vaut, tout ça ?

Après tout, le joujou, c'était ma tête.

Je la recollerai demain… si j'en ai besoin.

J'ai froid.

Si seul dans la chaleur factice des spectres.

J'ai peur d'ici.

Il faut être élastique.

Possédé par la Vie.

Énergie, soleil, faim.

Gratte la moisissure, ton Soleil propre est derrière.

Mais pour réussir à le voir, tu devras te couper la tête, et la mettre à sécher.

Mes ciseaux sont trop grands, je les ai trop forgés.

Ils emporteraient tout.

Autant en prendre de plus petits et se lacérer les jambes à pleins traits.

On évite la grande corruption par le vide, mais le sang devient poison.

On s'étouffe dans ses nœuds, ses fils, ses crochets.

Et la Vie file du cœur en déchirant la gorge de ses dents si pointues.

3 H 15. Un néon dans les yeux. Au plafond, l'araignée dévore les punaises et déchire le papier. La nuit glisse sa langue sur ma nuque. Poison individuel. Portion cutanée de dégoût pathologique. La bête souffre dans sa toile. Le mucus desséché (venin) s'étoile en guise de ciel sous la voûte de ses ténèbres.

Néon dans les yeux, engourdi de scories visuelles, de compressions auditives, zappage fourmillant, patate couchée, pleine de vide. Puis se vautrer dans sa fange, une bulle de sang au coin de la bouche, halluciné par les lattes qui défilent et le syndrome du marteau-piqueur qui se répand comme une peste dans l'esprit que fuit l'assassin.

Les murs dégueulent leur trop-plein de mots silencieux, de pensées tailladées aux ciseaux, de regrets, reproches et visons miteux. Le réveil n'est plus placé sous le signe du jour ou du son... plutôt réveillé par le vide, moi. Un sentiment de basculer toujours plus loin dans le non-être et l'absence. Un creux vague. Un patron corné pour une vie holographique.

Solution ? Peut-être demain.

Pour l'instant, je transparente...

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