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Wilhelm Leonide Von Goldmund III Jr.

Wilhelm Leonide Von Goldmund III Jr.

Aristocratie du Vide & Sciences Exactes de l'Echec

Publié le par Wilhelm Leonide Von Goldmund
Mon Désarroi

Mon désarroi, quand je te vois, fille debout.

Tes yeux crevés et ta joue libre qui tord mon cou.

Ma confusion fait dans le vaseux des ténèbres.

Quand je te vois, mon cœur se fait pompe funèbre.

Tu as la jeunesse qui ne fera jamais semblant.

Dans ton carquois il y a des regards qui font saigner.

Tu es toute nue dans la vitrine des vivants.

Je t’emmitoufle de mon chagrin d’estropié.

Tu sens les rires, la confiture, et les fracas.

Tu sens tout ça et plus encore, je n’ai pas les mots.

Quand tu te retournes, je m’imagine à dada,

Sur mon amante, Damoiselle Parano.

Tu viens sonner à mon carillon de malheur.

Sans faire exprès, de toute façon tu sonnes tout le monde.

Je te dévore, toi ma fiancée sans heure.

Je te gobe entière à cinquante siècles à la ronde.

T’es belle, t’es pure, t’es jeune, t’es bête.

T’es pas pour moi, et ça m’embête.

Si j’avais le désespoir en moins

Je t’aurais peut-être pris la main.

Mon bel amour de jamais.

Tu vas crever comme tes sœurs,

Dans ma galerie sans portraits,

Je te détournerai en leurre.

Et puis je vais rentrer, les griffes sous cloche,

En essayant d’oublier ton ombre fumée.

Et le sommeil va délaver ma caboche.

Demain ton sourire sera devenu si laid.

Mon désarroi quand je te vois dans la vitrine.

Toi, l’inconsciente offerte à toutes ces singeries.

Et je replonge, comme si je n’avais pas compris

Que cette beauté n’est pas la tienne, mais celle du spleen.

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