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Wilhelm Leonide Von Goldmund III Jr.

Wilhelm Leonide Von Goldmund III Jr.

Aristocratie du Vide & Sciences Exactes de l'Echec

Publié le par Wilhelm Leonide Von Goldmund
Les Annales de Lise

L’aube des firmaments au fond de moi dormait,

Cristal ne se montrant plus qu’à l’aventureux,

Et sous les nuées dressées de requins camaïeux,

Je peinais à songer au vide qui me plombait

Désaxé purulent au regard fugace,

J’avançais en aveugle sur des lames avenantes,

Et je goûtais en vain le charme de ma race,

Me régalant d’absinthe, cette belle ricanante

Puis un regard sous le porche des saisons,

La plume au bec et le suicide raté, livide,

Qui s’étiole en sommeil lointain dans son giron,

Quand l’horizon voilé baisse sa garde avide

Elle…

Un jeune cou d’hirondelle cassant comme la cire,

Mollets gainés de ce rien qui fait pourtant tout,

Et des iris plus grands que les faisceaux de trous,

Qui éclairent d’ordinaire le quotidien du pire

Une minuscule main, squelettique, arrachée,

Un buste gracile haletant sous la voilure,

Des seins à peine gonflés de cette infâme ordure,

Qui dresse les phallus à l’appel de la Clé

Et sous l’ordonnancement de cette pâle conquête,

Qui tourne à vide dans les couloirs suintants de haine,

Une douce mélodie m’empêtre dans ma gêne,

Quand Elle arrive avec ses doux airs de muette

Les cils épars répandus comme des hosties,

Faites pour la grâce, les charmes, et le banquet des cieux,

Et ses petits pas mats qui reprennent à l’envi,

Le silence pur qui rend si gourd et malheureux

Ne pourrai-je un jour étreindre ce spectre doux,

Que je n’ose pas même attabler à mes rêves ?

Je laisse aller librement le remord si fou,

De n’avoir rien dit, ni rien laisser paraître

Sous le voile lacté, décapité ce soir,

Je vois renaître le nez tranchant comme le fil,

De l’acrobate aimée, qui, au-dedans des villes,

Se retrouve en mon cœur, pitoyable miroir

Puis, dans l’incandescence du désir infructueux,

Qui fait se plier l’or le moins engageant,

Reverrai-je un jour la candeur de Tes yeux,

Posés sur moi avec ce doute véhément ?

L’artifice de la vie coule au-dedans de nous,

Rivière pudibonde au secret maladif,

Et les sentiments frêles, mais nôtres, pauvres ifs,

Ressemblent au jour baissant qui s’en va, ventre mou

Pauvres âmes charitables qui passez sous mes murs,

Vous n’avez pas idée du serment qui m’anime,

De cette torpeur affreuse qui se glisse dans l’azur,

Quand mon amour s’éteint… et pourtant s’envenime

Fragile beauté aux vocables respectueux,

Tu t’inscris dans l’espace d’une torture féconde,

Où l’esprit, alourdi de piteuses secondes,

Se dresse comme un barrage au front tumultueux

Et ta chair blanche et douce parfumée de lilas,

S’entredéchire pour ouvrir mes paupières,

Les douces exhalaisons de ta nuque, ma prière,

Se déclament en versets plus vifs que tout feu

Ta robe est une étude pour psyché acharnée,

En percer le rideau fait oublier la mire,

Mais quelle joie de te sentir toute gaieté,

Quand dans tes traits lisses s’inscrit mon pauvre sourire

Point de tromperies caduques n’existent entre nous,

Simples secrets, voire la Mort et l’Infini,

Dégouttent de notre mal et se pâment à genoux,

Dans ta tiédeur naïve et mon souffle ahuri

Quand tu te blesses l’âme à te secouer en vain,

Et que du mouvement la lune s’inspire, fidèle,

C’est tout le scintillement des étoiles, au parfum,

Qui, de l’autre côté, chantent ta ritournelle

Passée la pelure du temps, tu vas t’éclipser,

Et je te garderai dedans mon ciel rugueux,

Où n’apparaissent jamais que des désirs, vieux,

Où l’on trouve le bastringue, l’orgue, et la pitié

De ce court séjour dans ton sillage léger,

Je conserve les sensations de tes arceaux,

Où je sentais poindre en moi le renouveau,

Où ton larcin était mon esprit embrumé

A tes tempes d’estampe adorées jaillissaient

Ces boucles fauves que j’aurais voulu libérer

Et ces frisons miraculeux d’éternité,

Qui s’inscrivirent en moi, ô toiles bien-aimées

Et sous le lourd velours de ta cape de femme,

L’enfant aux cernes sourds apprend à tituber,

Dans ces squares de l’ennui où des squales affables,

Tendent brillamment l’index pour « ta sécurité »

Des joues empourprées d’une jeunesse impromptue,

Une taille cassée, fluette malgré le chant

De l’océan chimique qui nous chahute tant,

Que nous ne ressemblons plus guère qu’à des cornues

Tes menus pieds rebondissant tels des nuages,

Qui avancent à tâtons dans le quotidien borgne,

Et dessous l’artifice qui nous met à la page,

C’est la morgue passée qui du talus nous lorgne

Sculpture tragique au style d’une époque ravalée,

Tu chevauches sans savoir des constellations d’ambre,

Tu trônes dans ma paresse et mon absurdité,

Comme une figure sage, frêle… mais de cendres

Et dans tes pleurs que je devine fracassants,

J’aimerais m’immiscer pour racheter nos fautes,

Ou comment sur une Terre qui n’est même plus nôtre,

L’on peut se rattacher à la danse de l’absent

Quand tu arrives dans mon sillage malséant,

Et que je sens cette muraille me remonter,

La honte s’imprime en moi, gras et sombre papier,

Et mes lèvres se ferment pour ne plus rien briser

Perdue dans mes allées et venues de reclus,

Je sens le charme ailé de ta présence chaude,

Me tisser un linceul auréolé de mauve,

Où trinquent mes idées et mes années perdues

Cet espace est inquiet et nôtre par miracle,

Nos idées s’y affrontent si peu sous les cascades

De quolibets affreux, calembours et parades,

Que le sérieux, atroce, n’a plus de réceptacle

Et les oiseaux nous chantent l’amitié funèbre,

Que nous avons perdue sur le sentier du Nous,

Pour un Amour m’éclaboussant de n’importe où,

Pour un « Non ! » qui, sans doute, ne viendra JAMAIS...

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