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Wilhelm Leonide Von Goldmund III Jr.

Wilhelm Leonide Von Goldmund III Jr.

Aristocratie du Vide & Sciences Exactes de l'Echec

Publié le par Wilhelm Leonide Von Goldmund
Le Mâle en Patience

Ce qui est fascinant chez la femme, c’est la théâtralité féconde : sa science du masque se conjugue aux travestissements les plus odieux. Il n’en existe qu’une qui ne me décevra jamais. Il n’en existe qu’une dont je sois déjà l’artisan, inventeur borné et louable sans lunette. C’est la petite dernière, la modeste orée. Je patiente et j’éteins.

Il paraît qu’elles ont pour robe cette fraction d’oubli insubmersible, de pitié vandale, et se la portent gaillardement la nuit, les bras en croix et la moue enlevée, ordonnatrices des plus admirables tortures. Tueuses voraces, hirsutes, belles de mai chamboulé, faussement défaites. Cambrures d’infini. Squales d’eau bien trop douce, vous bercez les renardeaux du haut de poses farcies, et picorez nos pauvres semailles à l’aveugle, sans tocsin, fourrant toujours vos ongles adorables dans les reflux de chagrin les plus tenaces. Quel est donc ce tort pour lequel vous criez vengeance ? Prospères embolies galantes...

Au chapitre abstrait « Ma maladie », je cocherais sans hésiter un instant la case « Femelle délétère ». Croissance in-utero de mon mal volontaire ? : les amours scandaleuses que je porte aux sorcières. Pauvre créature au rebut d’elle-même, engoncée dans sa digue, je digère l’os de sein que je me plais à tondre. Les destinations hideuses de leurs mornes ondoiements... Ma seule raison de vivre : le Mystère. Ma seule raison de mourir : le Mystère. Entre les deux : le Mystère de la Femme, animal électrisé qui chevauche mon cordeau. Cette plaie ensablée qui me trotte sous la peau, elle y creuse son repaire, la trogne enluminée. Dans cette grotte trop logique, on trouve, projeté au pochoir d’ombres, le contour de sa main.

Elle me perd. Grondant sursaut d’horreur quand elle quitte. Bouffée de pieuvre indigo aux tréfonds du murmure. Mes larmes sont de Toi : tes seuls vrais bijoux. Poétesse rupestre, enfant de la gambade, tu connais mon trousseau comme s’il était le tien. Détrousse-moi donc, et colle-moi face contre ta particule d’oubli, cette cicatrice indigène que tu portes en collier.

Je surnage d’aube épine, mon bel ange échevelé. Dans ton sommeil hanté j’ai vu mes firmaments, dans ton silence heurté j’ai su mon renoncement. Toi, Femme embuée, que ton poison est lent... Je porte au fond de mon précipice des taches de Toi, des traces qui m’enveniment et me sidèrent tant leur texture est balafrée. Tes rides seront celles de ma main. Petite salope informelle, ta dégaine repeignée me coûte les yeux du sommeil... et le reste. Et TOUT le reste.

Ton fragment d’horizon, garde-le toi au frais pour une autre misère. Moi, je me provoque et je m’ampute à tes pieds, sans lutte, sans coup de bélier, sans même le prolongement d’un baiser, je serai dans ton écharpe tel un parfum intrépide qui tiendrait plus à ta soie de trophée qu’à lui-même. Tu m’as tué... et je le savais si bien.

Ma méfiance déserte s’était faite culte improvisé. Je goûte les mets de ton absence en fin connaisseur. Je déguste salement tes petits plats découverts. Sous la nappe des ondées grises, ton petit gâteau frise. Tu t’enrobes de suc amer, tu t’amendes de miel aux lèvres, tu te livres de mièvre aux joues, et tu te briques de contrebande. Ma galaxie, à jamais éparse, se prolonge de suffixes peu probables. Je suis un vrai de vrai ? Un poète de trois sous ? Et alors ? Ça me fait des pieds de grue... c’est bien joué. Tu veux l’offrande sans le don ? Moi, je veux la paix sans le pardon...

Un continent lépreux qui perd ses vers contre tout. Tu es un fumigène aux abois, une panthère qui s’achève, déréglée volontaire aux sinueux appâts. Les lèvres de ton sexe, je les porte au poignet... Solitude crevassée, calebasse infinie, ma peine est sans arrêt relancée à l’envi par ma piteuse étoile, « Damoiselle Squelette », qui glisse dans ses voiles l’éboulis de ma tête. Sous les frictions contrariées qui animent mes rebonds, je sens ton venin fétide, ton exquise flambée regagner à la source ma volonté morbide.

Ma volupté extrême. Mon ange déchaîné. Paisible esclavagiste pour faune désargenté. Ton giron a cela de fascinant qu’il est pétri de tes ténèbres. Espace tyrannique et fléau des astres. Tu es garante d’un unique sillon : la Douleur féconde. Drôlesse alphabétique, pitoyable Joconde.

Je n’ai pas droit à l’Erreur... pourtant l’Erreur est Humaine.

Je n’ai pas droit à l’Humaine... pourtant l’Humaine est Terreur.

Parangon des Carpates, Délirant Délabré.

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