Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Wilhelm Leonide Von Goldmund III Jr.

Wilhelm Leonide Von Goldmund III Jr.

Aristocratie du Vide & Sciences Exactes de l'Echec

Publié le par Wilhelm Leonide Von Goldmund III Jr.
Epuration d'une vision...

Je distingue tes cendres sur le mur. Des fruits confits pendent avec un rougeoiement collant n’appartenant qu’à cette moiteur de saison… ou à ce museau sucré du présent qui te nimbe à merveille dans le vermillon le plus éclatant. Tu es brillante comme une lame dégainée d’un fourreau de phonèmes, où je me retrouve si peu que la lame devient larme et coule sur l’oreiller de mes pérégrinations en territoire femelle. La terne danse de la hulotte lorsqu’elle s’abat sur la musaraigne, l’araignée qui muse et règne sur le passé puis tisse sa toile avec le fil à découper le lard des vivants, sont tes alliés fidèles de la nuit.

Pour parler il faut souffrir, pour se taire il faut dormir, mais si tu parles tout en dormant, là, au-dedans de ta tête, alors ces mots deviendront les préceptes, réceptacles si tu préfères, de ta vie véritablement éveillée à venir. N’est réellement important que ce que l’on ne peut gérer. L’homme est un déchet par nature, on ne lui laisse que son propre os à ronger. Magie du moment lorsque tu comprends le pourquoi de telle sentence. Déception téléguidée dans l’enfer des ondes et des ondines surtout, compagnes d’un soir qui s’éclipsent en même temps que la menstruation qui nappe de sang les briques de cette photographie trop lointaine pour être porteuse d’une once d’espoir. Un chapeau d’un autre siècle pour masquer les seins, le regard frondeur jeté à froid sur la pellicule brûlante, cette valse tintinnabulante qui se décortique avec les doigts et non plus avec l’intellect faisandé par trop de négationnisme primaire. Redevenons primaires, c’est notre seule chance d’échapper au chaos des secondes creuses.

Prenons le temps d’être bestiaux enfiévrés avec un tout-à-l’égout en guise de bouche pour hurler dans le silence des étoiles. Le foldingue ne perdurera pas plus que les quelques jours déjà passés à s’absenter de lui-même. Ta date de péremption est gravée sur ton ombilic, tatouage indélébile que ta mère t’a confié en secret dans une alcôve de temps où la conception était loin d’être immaculée. Les jeunes d’aujourd’hui n’ont plus aucune espèce de goût, comme si l’uniformisation et le non-sens caractérisé avaient engendré des mutants sur lesquels je ne pourrai jamais compter plus que sur telle ou telle chèvre au pâturage tendre des étiquettes d’hypermarché. La jeunesse me fait peur, car c’est l’âge de la découverte… et Dieu seul sait ce qu’ils vont découvrir sur moi.

Toi, tu te transportes en deçà, visant plus loin et plus haut que les autres, décrochant les nuages pour me les rendre acceptables dans mon établi de menuisier de l’âme, et je te remercie de ne pas me laisser divaguer puis mourir seul dans mon enclos sénile. Un royaume de bras noueux pour t’accueillir en enfer est tout ce que je te souhaite.

Je suis enceinte de tonnes de papier buvard, avare de dénominations, ivre de condamnations, pétri d’une pauvreté dans le bien-être et d’un sarcasme proéminent envers tout ce qui vit dessous moi, mais ne suis-je pas moi-même le dessous des dessous ? (féminins de préférence). Cet instant de grâce où tout paraît permis, que ne ferais-je pour le faire durer ? Lors d’ivresse ou de fumette, l’incroyable s’ébauche dans les cervelles anéanties de trop peu de contact avec l’extérieur et redevient inlassablement une pauvre goutte de sang dans un océan de putréfaction télévisée. Je m’avance et je prononce la formule magique : « Il n’était qu’une fois un homme qui pensait seul ».

Je devancerai les couples dans l’inégalité partagée entre moi et moi-même, n’étant qu’une ébauche pourpre sur une bâche débauchée, un avatar lointain dans sa gangue de misérabilisme pitoyable comme la moisson des blés, tiges oscillant au vent et denrées frustrées de trop de compléments dans l’abîme. Je ne serai que le porteur d’un flambeau maléfique qui ira s’en repaître de nos raisons et de nos priorités. Faire un gosse pour les uns, décrocher un boulot pour les autres, simplement durer pour moi. Je ne me promulgue pas excroissance du siècle, mais le cœur y est. A savoir si je serai seul dans mon ascension puis ma chute… Reste à le déterminer avec mes proches et mes amis de par le monde. Je ne touche plus qu’à l’essentiel, slalomant parmi les débris de mes propres carcasses, éternel adolescent bubonnesque mais vigoureux dans tout ce qui concerne le dénigrement de soi.

Commenter cet article