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Wilhelm Leonide Von Goldmund III Jr.

Wilhelm Leonide Von Goldmund III Jr.

Aristocratie du Vide & Sciences Exactes de l'Echec

Publié le par Wilhelm Leonide Von Goldmund III Jr.
En Dépit de Tout, il était Humain

Coupant la parole aux chemins de traversins, largué d’entre les dunes, ineffable par grande instance, il était procédurier de sa mort par pur ennui : ce cocktail délavé qui hante la fuite des jours et fait ressembler le miroir aux alouettes à l’écrin pernicieux du cierge qui s’éteint. Les structures dantesques se frôlent, le whisky coule à gogo dans le western dépravé qui lui tient lieu de songe, et la lente déclinaison qui fait que l’ordre se répète inlassablement sous les instances d’un autre contraire et contrarié : le mea-culpa des astres et des anges.

Ton frôlement ténu et taciturne le long de mon échine me pousse à croire en ma propre auto-assimilation inavouée. Je n’entrevois plus de notre course enfreinée, défrayée chroniquement, qu’une limite empreinte de « foutu d’avance » et de bave rance, le tout au caveau absent du bon Père La Gloriole. Ce martien piqué de hannetons qui ahane sa sentence depuis son promontoire gélatineux : ma tête en est le fil à couper le labeur, tant « écrire » est une activité ingrate entre toutes, chapeautée par des ouailles autrement plus pertinentes que les œillères maladives de la cérébralement chétive « génération-karaoké ».

Génération qui se trémousse la couenne sur des boîtes de patchouli surgelé, et s’adonne ingénument à la vivisection du bon goût dans tout ce que cette discipline « Top & Hype» a de plus infâme : la lente déperdition de tout raisonnement sensé, une absence totale et cruciale de libre-arbitre, un sens abominablement écorné de la répartie et de la culture réduite aux soubassements de l’âme, des ballots empaillés qui gesticulent en biais pour se croire de connivence, des baisers à sec pour mieux sentir la langue percée de bijoux en toc, éthique de la modernité qui fait la main malhabile dans le string maculé, dessous le jeans taille basse qui ne fait que répéter à l’envi le couplet du déraillement d’une société où tout se barre dès qu’un cul est affiché le long d’un quai de métro pour vanter les mérites d’aspirateurs, toute cette denrée paralimentaire qui « les » fait survivre ces jeunes-là, et qui est dirigée par les ordinateurs pour mieux nier leur bon sens, puis finalement annihiler tout système de pensée lucide.

Les croix gammées se portent maintenant sur les sourires glossaires des jeunes rouges teintes, épilées du bassin, camisoles en sus, les seins désincarnés pointant à peine la puberté déclinée, et l’âge des SMS permettant de s’envoyer les positions du Kama-sutra entre copines, les tournantes où les beurettes dégustent le néant caractéristique de leurs frangins fondus du bocal, les faisceaux des bagnoles qui éclairent (de loin) les scènes de viol mental d’une sempiternelle renaissance du moyen-âge, les prisons internes et débraillées qui hurlent la solitude de chaque être enfoncé dans sa chair, captif de sa fuite de haines.

Et ces pustules de fientes hantant les trottoirs où le vomi de la veille peine à sécher et où le néon éclaire la pluie crasseuse de toits et de pigeons gras aussi volatiles que des boules de pétanque, agglos désespérants d’une nation qui reconstruit sur des gravats des ruines peintes en blanc et dix fois moins chères pour léguer aux générations futures des coups de bulldozers d’avance, comme ça ils pourront éteindre la lumière en repartant, si toutefois il reste un semblant de pétrole et d’électricité, on ne laisse aux petits natifs de cet an 2003 que notre mesquinerie, notre égocentrisme, nos faire-valoir. Et puis surtout notre nihilisme, chez les sujets les plus placardés au-dedans des ruelles, bondées de la niaiserie béate des vitrines.

La télévision est une injection de méthadone, alors que pour moi ne compte guère plus que la piqûre mortelle de la rose, à mes neuf ans, lorsque j’étais persuadé de mourir et que je n’osais le dire à personne, de peur de me faire gronder. D’ailleurs le tonnerre a grondé un peu plus tard, lorsque ma main s’est perdue en chemin dans celle d’une petite aux dents de traviole : j’avais découvert que l’amour peut tuer plus sûrement qu’une balle. Je n’exprimerai jusqu’à la fin de mes jours que cette perte dans une dimension entrelacée, là où les doigts des gosses s’emmêlent pour mieux déboucher sur une crise de fou rire ou de larmes, c’est selon la tendance et la saison. Je me perds dans mon transfert inavoué dans la prunelle de jais de cette fille, chaque fois que je la vois, là, DROIT DANS LES YEUX… Fraternellement…

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