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Wilhelm Leonide Von Goldmund III Jr.

Wilhelm Leonide Von Goldmund III Jr.

Aristocratie du Vide & Sciences Exactes de l'Echec

Publié le par Wilhelm Leonide Von Goldmund III Jr.
Amitiés... à moitié ?

Il y avait celui, enfermé dans sa bulle, qui pondait des rejetons à têtes comme il faut, c'est à dire du poison qui rentre bien dans la case : des rejetons aux yeux bleus, aspirations au gaz, qui l'émasculaient, lui, ce chevelu délabré. Et la femme biffait l'autre, sa femme brisait les autres. Mais ils étaient chez eux, un eux qui tient à rien, qui tient à ces familles que le crabe foudroie quand ce n'est pas la puce qui vomit les guichets.

Et il y avait celle, qui programmait l'ordure du fond d'une grotte hantée, revenue de soirées où l'on se met sur la paille, mais une paille dans le nez et des cottes de maille pour baiser le réel avant qu'il ne vous bouche les yeux et les oreilles. Elle était sale, cette mouche, imbuvable et sournoise silhouette d'apocalypse, mais au vin blanc alors, dans sa mansarde lardée de poutres délabrées et de coït buccal.

Il y avait celui, conquistador de vide, qui grattait des calepins d'auréoles caféines dans des brasseries borgnes, que lui croyait huppées de foudre, d'amitié et de remords stériles. Puis il s'est tronçonné d'avec sa mie jurée et a perdu ses chausses dans la merde citadine. Décalque de poète enivré d'alphabets et pote des charançons qui hurlent la misère d'une époque déclinante, du moins pour les vivants.

Et il y avait celle qui avait bien grandi depuis cette Pompéi où l'on traînait nos spleens. Spleen l'Ancien l'avait dit : "prends le mauvais virage et tu noies ton moteur de larmes et de regrets...". Puis elle était partie, elle, elle avait construit une petite vie tranquille, un faubourg alsacien avec des flans Alsa et un bébé rosace. Et c'était mieux comme ça : moi je ne coupe pas les ailes des canaris trop purs, puisque avec moi ça jure.

Il y avait celui qui, fraternellement lésé, n'avait d'autre ambition que de se fracasser, se nier et se détruire, échafaudant le pire. Il était d'une caste invaincue et rebelle, seulement en ce bas-monde il faut mander l'écuelle... alors on fume beaucoup... on fume et on boit trop. Et l'on casse ses joujoux pour se retrouver seul à aligner des cartes dans un studio armé avec un chat balourd, des loyers impayés, des brèches et des vautours.

Et il y avait celle qui faisait re-fléchir, miroir au tamarin, une cigarette d'encens pour un regard posé sur des crimes insolents. Des mots comme des parpaings mais emmitouflés d'ambre, la poésie à flanc de folie maîtrisée et de la pellicule, annotée et aimée, pour meubler le silence des autres, trop pesant. Extrémiste de la vie -c'est à dire anti-tout- elle se sentait trahie dès qu'un enfant riait, croyant que c'était à l'endroit de son corps défendu.

Il y avait celui-là, retrouvé en basse-fosse, qui toussait sa bronchite dans un saxo cupide avec de faux airs de Duduche intrépide et de Tournesol gauche, néanmoins mélomane. Il collectionnait tout, surtout n'importe quoi, mais l'apparent fatras qui gonflait sa débine s'étalait sur les murs, générosité digne, pour offrir une pinte aux oiseaux de passage, ceux qui rêvassaient trop à de lointains rivages, à un nid chaleureux, une oreille attentive.

Et il y avait ce mec, escogriffe punkoïde, qui cachait sous des airs de dadais cinéphage des trésors de dîners, de rigoles en partage, l'absinthe de ses absentes se muant en dérapages. Il avait des enfants, il faisait des images : un poète sans le sou ça ravale bien sa fange et ça fait ressembler l'égout à des nuages. Mais elles n'ont rien compris, il faudrait l'étiquette qui pourrait indiquer dans quelle tiroir le mettre... pour mieux le soumettre ?

Mais toi, dis-moi que c'est toi, qui tapines dans l'obscur. Tu as la foi branlante, et l'amour assassin. On t'aime comme on part en vacances, seulement on ne revient pas. De toi, on ne revient pas... Docilement, on s'étreint. Tranquillement, on s'éteint...

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