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Wilhelm Leonide Von Goldmund III Jr.

Wilhelm Leonide Von Goldmund III Jr.

Aristocratie du Vide & Sciences Exactes de l'Echec

Publié le par Wilhelm Leonide Von Goldmund III Jr.
Tempo-réalité (Pauvre Terre, minée de rien)

Il y a tout d'abord les Gagneurs infects et égotripés, qui courent après le temps comme la chevrotine après le marcassin. Bien souvent, ils sont nés bien étrillés du crin, farcis de la panse, avec œillères et meurtrières passe-droit pour écumer la gagne et tétaniser les inférieurs, forcément coupables, eux, d'exister loin, très loin de leur caste étoilée. On ne peut les blâmer pourtant, tant ils sont beaux et réussis dans une publicité de couleur locale dorée comme il se doit aux encoignures. Ils dirigent l'autre honni, président un pouvoir d'opérette, poudrés de morgue et de pétrodollars rances. Le monde est à eux car ils le font, ce monde, aux couleurs décaties d'une cravate mariée sous le code civil, marinée de gosses au diapason, de dernière CX Gamma GT, de Smartphones Bibi-Bobos-Pod et de compétitions d'endorphines auréolées de sexe lorsqu'ils ne finissent pas premiers dans le "top 5" de la boîte ou au marathon des fantoches. Pourtant, lorsqu'ils crèveront tard de leur mort redoutée, leurs gémissements entretenus en maison de retraite versaillaise sonneront pour l'initié comme un ridicule pet de traviole, un rien du tout inerte, inanimé de vécu vain et d'écus mal amassés dans la mousseline de leurs veuves et le dédain de leurs enfants marketés, forcément blonds et qui reprendront penaudement les "affaires" de papa, cet être si exceptionnel...

Ensuite, il y a les Suiveurs. Ils tentent béatement d'arriver au suprême niveau des Gagneurs, mais pourtant c'est la perte totale et l'oubli absolu qui les guettent, de prêt de banque limite en lointaine banlieue. Ils s'entreposent en lotissements pondus à la hâte par les bons patrons (voir plus haut) et rêvent, et sanglotent le soir avenu dans des couvertures usées et des couettes au rabais en plumes d'ours polaire. Ils sont veules et cupides, stupidement tous les mêmes, issu d'un moule faisandé depuis des massacres printaniers de générations. Ils sonnent creux mais entretiennent pourtant leur gazon mental refoulant pourtant rudement le plastique sale depuis l'océan recyclé, celui qui entrepose les surimis de leurs triplés rougeauds, en vacances, lorsqu'ils en ont toutefois la garde et le contrôle. Ils disparaissent sans bruit faire autre qu'un râle cancéreux ou un accident de break racheté à l'argus, suivi de près dans des journaux vaguement lettrés ne parlant que de la chose, ou des "stars" jalousées. Ils sont bons clients décérébrés de la télé-crédulité, des fèces Levy-Mussoliniennes aux 50 nuances de caca, de la radiophonie insalubre et moutonnière. Ils sont influençables et foutus dès l'aurore, se battent un demi-siècle dans le vent, pour une illusion d'importance, de trace laissée à fond de cale, et s'évanouissent en un mois à peine dans le néant mental et désarticulé de tous ceux qui reprendront pourtant le flambeau, et il y en aura...

Et finalement se tiennent les Rêveurs. Mal fichus, gauches et laids bien souvent, voire carrément foutus dès l'utraviolence d'une enfance évanouie à ras du sol cireux, leçon d'ennui mal appliquée pour certains, jardin d'Eden pour d'autres, ils tissent dès l'adulescence redoutée des accointances avec des déperditions flirtant avec la drogue, la folie et le désespoir, tous "durs" car intégralement lucides. Violés, bafoués, piétinés, trahis, lésés, rabaissés, internés, ils trouveront paradoxalement dans cette manne écarlate et impromptue la force de subsister, de créer au-delà de la douleur, d'affirmer leurs individualités -liberté factice certes- de philosopher, donner du "beau" à voir sous des dehors d'atrocités, du moins aux yeux des autres classes. Maudits artistes et poètes pouilleux, parfois chanceux dans leur déveine, sans le sou et sans gloire, ils tissent pourtant des fils soyeux entre les étoiles, des liens discrets et parfois merveilleux entre les galaxies mentales de toujours et de jamais. Porte-paroles de la Mort qui n'existe pas et de la Vie qui n'est qu'une parenthèse, ils s'agitent sous l'orage des autres pour être frappés de foudre dense. Hors du temps et hors de la vie, ils ne sont pas d'ici... et vous ne les aurez pas ! JAMAIS !

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