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Wilhelm Leonide Von Goldmund III Jr.

Wilhelm Leonide Von Goldmund III Jr.

Aristocratie du Vide & Sciences Exactes de l'Echec

Publié le par Wilhelm Leonide Von Goldmund III Jr.
Le Phare dans la Pénombre

Il tirait des traits d'ambre sur l'océan affreux

Il trempait d'ombres amères les nuées de Trébeurden

Et du granit rose aux copains macareux

Il gommait la Bretagne des affres du vin éteint

Ses chiens étaient partis vers des contrées avides

Où les cris et les femmes s'étalaient, brefs, honnis

Sa mère était un "Non !" braqué sur la folie

Ses proches des rigoles, aquarelles de vide

Mais, voyez-vous, cet homme avait l'aplomb d'un phare dans la pénombre

Mais, taisez-vous, ce père avait les bras de ceux qui créent des mondes

Il était seul par don, il était constellé

De cette absence de paix qui règle les fêlés,

Les rêveurs, les artistes, les poètes, les petits,

Ces artisans de peu, ces faiseurs d'infini

Il songeait à la mort à chaque vie qu'il tronquait

Puis il recommençait, girouette dans la prairie

Sa musique sous le bras, et sa trousse à outils

pour bricoler le pire en bateau démâté

Car, voyez-vous, cet écorché avait la larme bien trop facile

Car, taisez-vous, ce type la remplaçait par des armes habiles

Il regardait derrière en blaguant sa déveine

Il était débrouillard, dérouillé de la houle

Quand il peignait la rouille de gargouilles obscènes

C'était pour ricaner de la trouille des foules

Ce gueulard, ce fiévreux, est mon sang aux tréfonds

Ce rempart sur le mal est mon aïeul fendu

Ce regard est l'ailleurs pour nier l'absolu

Une oreille assourdie, maux de petit garçon

Voyez-vous, je regrette à pleurer ces temps élucidés

Où les cadeaux anglais arrivaient en pagaille

Les soirs où il rentrait, éreinté de marées

Taisez-vous car je l'aime, ce naufragé de l'âme

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