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Wilhelm Leonide Von Goldmund III Jr.

Wilhelm Leonide Von Goldmund III Jr.

Aristocratie du Vide & Sciences Exactes de l'Echec

Publié le par Wilhelm Leonide Von Goldmund III Jr.
La Fierté d'être Vivant

Tu ouvres les portes de ma débine

Tes éclaircies sont brèves et fières

Et quand tes silences assassinent

C'est pour meubler ma mise en bière

Dépenaillons les réfractaires

De ce chant langoureux des signes

Que tu dessines dans l'atmosphère

Comme une mappemonde indigne

Tu t'ingénies à disparaître

Toi, l'ingénue de mauvais style

Dans des pénombres fumées au hêtre

Braquées sur tes flancs volubiles

Dans l'exercice de nos poix

Gérons l'instant du tout-pari

Où comment deux gosses sans foi

S'époumonnent à mâcher l'ostie

Et dans nos rythmes écervelés

Nous marquetterons nos placentas

Les fientes du pouvoir gangrené

Seront la lie de nos cabas

Dans notre espace réinventé

Et entre tes bras de misère

J'irai quêter ton gouffre amer

Brèche inutile de mes baisers

Tes seins sont ceux de la romance

Tiédie au chevet des mourants

Et de tes cheveux en partance

La mire est cousue de fil blanc

Opacité de ton regard

Quand tu distingues dans ma silhouette

Le doute, la pluie et le cafard

Quand ce n'est le Malin qui guette

Nous nous désaimons des humeurs

Nous désaimantons nos fragrances

Et ta bouche rouge de pudeur

Se complaît à cracher la Chance

Désamour des squares immobiles

Où l'un sans l'autre se morfond

Ou, dans nos pauvres carillons

L'oisillon crève, sursaut débile

Je pavoise de t'oblitérer

De mon sillage mécréant

Tu devises avec mon gibet

Tes bas sont noirs : ton Temps attend

Laitance de tes pis d'alors

Quand ton spectre sinueux aux abois

Me signifie le doux trépas

Qui m'appelle dans tes pentes d'or

Et de tes marges imaginées

La marginalité affleure

Telle la fleur non édulcorée

De notre alliance qui se meurt

Notre demeure en carafon

Notre vivarium enfumé

Sera le tombeau sans regrets

De ton espoir à mes tréfonds

Singeons les bribes de l'automne

Où les barriques se dézinguent

Où les bravos se font aphones

Sur des autodafés de dingues

Priorité à la ristourne

Faite par la vie à notre revers

Le Monde désormais ne tourne

Que dans la famine des notaires

Contrée abyssale sans le sou

Où les soudards soudent la déroute

La déveine et le contre-coup

D'une humanité qui s'encroûte

Soyons donc fiers d'être vivants

Dans les bras les uns sans les autres

Soyons debout, piteux apôtres

Singes à gages, enragés aux sangs

Plénitude de nos frontières

La sincérité en prière

L'affront quotidien du néant

L'affreux émargement des ans

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