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Wilhelm Leonide Von Goldmund III Jr.

Wilhelm Leonide Von Goldmund III Jr.

Aristocratie du Vide & Sciences Exactes de l'Echec

Publié le par Wilhelm Leonide Von Goldmund III Jr.
Excès, Divergences et Désintégration

Je vis des poissons parlant de tout et de rien, se dorant sur une seule nageoire, ivres de simple eau douce et de résidus de caviar jetés ici et là par leurs parents plus ou moins proches.

Je vis des strapontins, multipliés par centaines pour des milliers de spectateurs qui ne viendraient jamais. A quoi bon voir le Rien ? « A quoi bon ? » acquiesçais-je.

Je vis le visage de la peur, qui est si comparable à celui de la défaite que le doute est parfois permis.

Je vis des douzaines d’œufs entassés dans des girafes creuses et des alcooliques tournant autour pour quêter le bon vin ou la bonne parole, je ne le saurai jamais. Les discours des piliers de bar me navrent ou me ravissent suivant le taux d’alcool que j’ingurgite.

Je vis des poètes-stratificateurs poncifs de différents âges qui étalaient leurs sciences le long de paragraphes décuplés par l’abstinence et le manque de sérieux de leurs classements divers et arbitraires.

Je vis une assemblée de soldats dont les trublions les plus bravaches s’essayaient à une histoire cochonne en sursis, sous le regard médusé (au fioul, de nos jours) des jeunes recrues pré-pubères, estomaquées par ces pitres de fables sexologiques les plus lénifiantes possibles.

Je vis des assemblées de sages se dissoudre dans l’absurdité la plus totale et revêtir les toges noires du non-être, pour aussitôt retomber en poussière.

Je vis des sculpteurs grandiloquents gloser à foison sur un bloc de granit qu’ils n’avaient même pas entamé faute de ciseaux et de cette satanée «inspiration».

Je vis des prostituées se masturber avec un bout de ficelle de sac-poubelle, médisant entre leurs dents décaties : « Au moins je ne serais pas venue pour rien ! ».

Je vis des tonneaux de gnôle percés par les rats qui se liquéfiaient sous les yeux approbateurs de trente-trois présidents à la communauté Inter-Juive-Bancale.

Je vis des horizons masqués par le refus du temps, temps qui passe dessous mes yeux, et les chaînes qui me retiennent tant bien que mal ici-bas.

Je vis des monceaux de chair moulue se dresser pour acquitter un semblant de vagin d’une graine de potentialité permise de justesse par l’autorité suprême, le tout afin de « procréer ». Afin d’accoucher enfin d’un(e) secrétaire quelconque, je suppose.

Je vis des lions se muer en tigres, puis en chats, et je recueillais leurs œillades taquines comme autant de médailles à ma poitrine de militaire non déclaré.

Je vis une assemblée de lilliputiens se refiler une bougie pour réchauffer une quelconque Blanche Neige qui était morte avant d’avoir vu l’aube, obèse de mauvais cidre et de fausses couches.

Je vis des clowns tristes à pleurer, peu avenants même sous leur maquillage, tomber et retomber pour faire rire l’enfant unique qui tétait sa mère en risquant parfois un œil sur la piste bancale. Car quoi de plus triste qu’un clown qui pleure ?

Je vis les centurions de mes turpitudes se dégrader dans mon absolu et égrener au fil de mes quêtes pantoises des stratagèmes mourants.

Je vis des tombereaux de spectres s’alléchant les babines sur les portraits de lycéennes droguées par l’asphalte et le néant cartésien qui nimbe les seize printemps.

Je vis mes propres humeurs carcérales, étrangement dépouillées de leurs tenues d’apparat, rugir à l’unisson contre un mange-disque qui s’en viendrait me bouffer tout cru.

Je vis de sempiternelles sanctions suite à mon état devenir purs produits de la connerie la plus inerte et insubmersible qui soit.

Je vis les glaïeuls dans l’aube fanée d’un printemps qui ne reviendra plus jamais, faute de gazon et de pistolets à amorces.

Je vis le béton et l’amiante qui me surplombent se muer en stances liquides qui ne demandent qu’à être peintes le long des murs intra-latéraux de circonférences basanées.

Je vis mon amour mort qui ne siégera plus que dans mes rêves et ma ponctualité tacite au rendez-vous des goules.

Je sens le sourire s’inscrire dans mon visage, pourtant il n’est que jachère possible d’un sentiment vécu de peu.

J’ai vu des chevaliers en cavale se dégriser les tempes, et c’était vous…

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