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Wilhelm Leonide Von Goldmund III Jr.

Wilhelm Leonide Von Goldmund III Jr.

Aristocratie du Vide & Sciences Exactes de l'Echec

Publié le par Wilhelm Leonide Von Goldmund III Jr.
Ils décideront pour nous !

Je serai l'ombre sous ta main, dessus ton pain, derrière ton frein,

Et lorsque sera décidée la peine ultime de ce virage, le noyau dur de ce voyage,

J'irai en décochant mon soleil noir sous ton ombre, ton visage,

Qui plie la nuit en vrombissant, toux et faim... Toute ma fin

Je serai la tombe de tes plis, de tes buis, de ton prix,

Et lorsqu'ils auront décidé qu'à la tête de cette patrie faisandée de marasmes

Il faut une liasse de billets noircis, perruque peroxydée de miasmes

L'enluminure moisie de la guerre sera notre dédale, notre fuite et notre folie

Je serai l'onde incarnée derrière ton refus, et nos luttes, et ton dédain

Et lorsque nos pairs décideront que notre espoir est vain

Nous nous engorgerons à pleine saccade, dans une brève cavalcade

Les mues partagées de l'amour en allé, fortuit... tout en rasades

Je serai la fronde libre de ton fruit, de tes appels, de tes shrapnels,

Et lorsque sera proclamée la nuit de Tout, espace de courroux,

J'irai en éparpillant nos épaves dans le Cosmos éternel

Pourfendu de vieilles haines et de la rancune des pauvres fous

Je serai le frère dézingué de ton absurde déité, de ta froide pâleur de silences

Et lorsque tu diras que le poids je ne fais point, que le kilogramme ne me vaut rien

J'irai, égrenant ma dégaine dans les lignes suaves des fantoches & vauriens

Perclus de sombres auréoles, narines blanches de faïence

Je serai le détesté entêté qui ne donne pas la tétée à la mêlée

Et lorsqu'ils m'auront défenestré de mes attributs de vaincu

J'irai en psalmodiant notre alliance dans les pages javelisées de leurs culs

Piteuse engeance de type aphone, trapu de vin et de houblon mêlés

Je serai ton chantre et ton mégaphone, toi qui ne prête qu'aux faibles cons

Et lorsqu'ils te paieront en assurance ce que tu leur dois en heures libres

J'irai en chialant mes rengaines dans les rides de ton front, taches de son,

Pauvre fumiste fumeux, funambule sans piste, bulle sans fibre

Je serai enfin le prime affront du quotidien sur le lent tempo du matin

Et lorsque la nuit tombera, toute défiance et portée de rouflaquettes

J'irai en hurlant dans le crachin des vieux ébats sans tain

Affreux décalque de paresseux, muscle d'index sur la gâchette

Je serai enfin ta carcasse, la statue vibrant d'aveugle chaux

Et lorsque l'ennui se profilera, bouffé de vérole élégiaque

J'irai dans le Néant, posant mes armes dans un pauvre chapeau claque

Égal à lui-même : branque, foutu, tordu, remugle de passereau

Ils décideront pour nous, braquant notre misère, le fin-fond de nos conditions

Ils décideront pour tous, frôlant nos désespoirs, vampires avides de notre fin

Ils décideront l'ordure, la fiente sous la jacinthe, la main sur le ricin

Ils décideront sans nous car ils sont déjà loin : le lointain sans humains

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