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Wilhelm Leonide Von Goldmund III Jr.

Wilhelm Leonide Von Goldmund III Jr.

Aristocratie du Vide & Sciences Exactes de l'Echec

Publié le par Wilhelm Leonide Von Goldmund III Jr.
Opposite Islands

Et dire que nous croyions nous perdre dans les circonvolutions bovines des autres... les doutes, les affres des circonstances, le S.T.O., sinon ça ne roule pas droit, ça tangue et ça dérange les chartes, les conventions et les législations. Branle-bas de combat dans les hémisphères ! Nous autres, on ne rentre pas dans les cases, alors ça indispose l'establishment, les traders, les winners du cru... Nous vivons ensemble sur deux îles séparées, là est tout le prix sucré de nos larmes, de mes sanglots bouffis, de tes cris d'alarme nocturnes et de tes angoisses lunaires. Tu ne crois plus en notre demeure commune, tout est biffé par ton recul, effacé par tes doutes, ravalé par les codes et les règles de cette planète qui marche à reculons et nous dégueule parce que nous sommes bien trop purs pour durer. De cette race qui marche pour l'Amour Inconditionné... En vain... Dans un espace clos enroulé dans une boule de sang comme une pelote de haine irascible, damnée, foutraque.

Pourtant, Amour, tu sais bien que je suis Celui, et moi je sais que tu es Celle... mais dans une conjoncture qui nous bat dans ses moindres dédales, comment espérer le moindre sursaut paisible, éclairé, chaleureux ? L'Espoir : ce petit ventricule qui battait la chamade contre ma main lorsque je t'encerclais, cette petite manne verte qui donnait à voir le printemps de la Bretagne, des vacances indomptées, d'un assemblement qui ne viendra peut-être plus jamais tant il est trop magnifié du pistil. L'Espoir, oui ? N'est-il pas une ventriloquie de plus ? Un sacerdoce mal foutu pour de pieux enfants du mensonge suprême.

Hier soir, tu m'as littéralement broyé dans la meute malapprise de tes souvenirs, émasculé sciemment, nié en bloc de granit granuleux : de phacochère en pleine révolution et reconstruction, je suis redevenu le petit gosse blond qu'on fait toujours innocemment (gaminerie oblige) couler dans le grand bain, à grands renforts de ricanements féminins de gosses sadiques. Je n'ai définitivement plus pieds. Je n'ai même plus de cervelle, elle a par trop été morcelée par les excès médicam-honteux des hommes en blanc postiches, ceux qui apprennent la vie dans un minuscule bouquin de psychiatrie jaunâtre et non auprès de leurs congénères, tant ils leurs semblent inférieurs. Des « psychopathologéiformes », pensez vous ! Ça se méprise et ça se foule aux pieds, ce genre d'engeance là ! Foutez-moi ça en isolement !

Cependant je t'aime toujours plus que jamais car, toi, je te connais par le pédoncule sacré, la racine prégnante, le bourgeon persistant... tu es pour moi le renouveau d'une époque qui ne demande qu'à retenir ses larmes dans le fracas des tanks téléguidés par une poignée de débiles consanguins : les frères d'armes, les trafiquants de vies, les bouffons crétinoïdes du vide absolu. Je t'aime comme j'aimais sentir la rosée sur mes pieds d'enfant, comme j'aimais becqueter les fraises des bois, comme j'aimais rêver ouvertement de chevalerie, de westerns ou de science-fiction dans mon esprit alors vierge de toute préoccupation « grave, sérieuse, triste à se pendre à son balcon de fer forgé »... Ce que j'ai fait d'ailleurs quelques années plus tard... mais ceci on n'en parle pas : ça fait peur aux badauds et ça fait fuir les mémères et les farauds. Alors taisons-nous.

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